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Le Manifeste des Blancs arrogants

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Carl Larsson, Ett hem åt solsidan, 1885.

4,348 words

English original: Part 1 [2], Part 2 [3], Part 3 [4]

Les Blancs sont prêts pour la politique identitaire blanche. Cela est clair d’après la montée des politiciens et des partis populistes et nationalistes dans le monde blanc, ainsi que par les recherches de la politologue Ashley Jardina, qui montre qu’un nombre important d’Américains blancs a des identités raciales positives, pense que le système actuel est anti-Blancs, rejette la culpabilité blanche, et pense qu’il est approprié pour les Blancs de s’organiser politiquement pour protéger leurs intérêts collectifs [1].

Ce sont des nouvelles encourageantes, parce que cela signifie que les conditions métapolitiques pour la politique identitaire blanche sont en train de se cristalliser. Les partis de centre-droit, cependant, refusent de franchir la ligne les séparant de la politique identitaire blanche explicite parce qu’ils font partie d’une élite mondialiste qui considère le nationalisme blanc et le populisme comme les menaces principales pour leur hégémonie. Mais ce sont aussi des nouvelles encourageantes, car c’est une opportunité pour les identitaires blancs authentiques de s’établir comme une force politique.

Dans le Manifeste nationaliste blanc, j’ai exposé comment nous pourrions restaurer ou créer des patries blanches homogènes [2]. Mais l’immense majorité des gens qui sont prêts pour la politique identitaire blanche n’est pas prête pour le Nationalisme Blanc complet.

J’utilise l’expression “Blancs arrogants” [“Uppity White Folks”] pour les gens qui sont prêts pour la politique identitaire blanche mais pas (encore) prêts pour le Nationalisme Blanc. Eux aussi ont besoin d’un manifeste. Je ne suis pas le gars pour l’écrire. Je vais continuer à coller au Nationalisme Blanc. Mais j’ai trois suggestions pour transformer les Blancs arrogants en une force politique.

1. Faites en sorte que le multiculturalisme travaille pour vous

Si vous ne visez pas un ethno-Etat blanc, alors vous êtes voué à une forme ou une autre de multiculturalisme. Donc vous avez besoin de le faire travailler pour vous. Sous le présent système, cependant, le multiculturalisme travaille seulement pour les non-Blancs, qui sont encouragés à cultiver des identités de groupe et à les affirmer dans le domaine politique. Mais cela n’est pas permis aux Blancs. Ce serait du “racisme”, et le racisme est la pire chose dans le monde – mais seulement lorsqu’il est pratiqué par les Blancs, spécifiquement la majorité blanche ou la souche fondatrice blanche de n’importe quelle nation blanche.

Sous le système actuel, il est accepté même pour des minorités blanches de pratiquer une politique identitaire dans les nations blanches. Ainsi les Suédois peuvent pratiquer une politique identitaire en Finlande, mais pas en Suède. Et les Finlandais peuvent pratiquer une politique identitaire en Suède, mais pas en Finlande. Etre Finlandais est une identité ethnique approuvée en Suède. Etre Suédois est une identité ethnique approuvée en Finlande. Mais les Finlandais en Finlande doivent définir leur identité en termes de valeurs universelles comme l’ouverture et la tolérance, et les Suédois en Suède doivent faire exactement la même chose. Ainsi l’identité ethnique blanche est bonne seulement lorsqu’elle est utile pour saper ethniquement des Etats blancs ethniquement définis, jamais bonne lorsqu’elle est utilisée pour les maintenir.

C’est un “deux poids deux mesures” moralement choquant, puisqu’il met les Blancs systématiquement en désavantage dans leurs propres patries. S’il est légitime pour les minorités de toutes les races d’être politiquement égoïstes, pendant que les majorités blanches ne sont autorisées à penser qu’au bien commun, alors c’est une recette pour l’exploitation. La politique identitaire pour les majorités blanches est morale, parce qu’elle est juste. Elle est nécessaire, pour empêcher l’exploitation. Et, puisque les Blancs finiront par se fatiguer de l’injustice et de l’exploitation, la politique identitaire blanche est inévitable aussi.

Mais vous ne pouvez pas vous arrêter à la simple égalité. Vous devez demander des privilèges spéciaux. Attendez un peu. Ce n’est pas aussi mauvais qu’il le semble. Tous les peuples ne peuvent pas être égaux dans une société multiculturelle. Par exemple, en Espagne, la langue dominante est l’espagnol. En Suède, c’est le suédois. Est-ce “juste” si vous êtes un Finlandais vivant en Suède ou un Anglais vivant en Espagne ? Oui et non.

Evidemment, aucune société ne peut traiter toutes les langues du monde comme égales. La vie finirait simplement par s’immobiliser. Donc on doit privilégier la langue dominante.

Ou les langues dominantes, parce qu’en Espagne les Basques et les Catalans ont leurs propres langues, et ils ont naturellement du ressentiment envers l’impérialisme espagnol. Les Basques et les Catalans demandent des privilèges spéciaux en tant que minorités indigènes, et les Espagnols les leur ont sagement accordés. S’ils ne l’avaient pas fait, cela aurait renforcé le séparatisme  basque et catalan.

La plupart des gens n’ont pas d’objections morales contre les privilèges spéciaux pour les minorités indigènes. La même chose est vraie pour ce qui peut être appelé les minorités historiquement établies, par exemple les Allemands en Hongrie ou les Suédois en Finlande. De telles populations existent dans presque chaque société blanche, à cause des contingences historiques comme les conquêtes, les migrations et les partitions bâclées. De tels privilèges sont un trait central de tous les ordres multiculturels.

Mais pour quelque raison, les Blancs n’osent plus demander des privilèges spéciaux pour les gens qui ont fondé l’Etat : les Espagnols en Espagne, les Suédois en Suède, les Français en France, les Américains (blancs) en Amérique, les Canadiens (anglais) au Canada, les Néo-Zélandais (anglais) en Nouvelle-Zélande, et ainsi de suite.

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De tels privilèges existent objectivement, bien sûr, pour tous ceux nés pour les souches linguistiques et culturelles dominantes de ces sociétés. C’est un privilège de grandir dans un pays où l’on fait partie du groupe fondateur, de sorte que rien concernant la langue, la culture, l’histoire et les espaces publics ne vous soit étranger.

Mais on a enseigné aux gens qu’affirmer et défendre ces privilèges est un outrage moral de “suprémacisme”.

C’était mal pour les Japonais de s’imposer aux Chinois et aux Coréens. C’était mal pour les Français de s’imposer à l’Indochine et à l’Afrique. C’était mal pour les Espagnols de s’imposer aux Aztèques et aux Incas.

Mais comment sommes-nous arrivés au point où le suprémacisme japonais est “problématique” au Japon, le suprémacisme français en France, le suprémacisme espagnol en Espagne, etc. ? Pourquoi les peuples ne devraient-ils pas régner suprême dans leurs propres patries, tant que les autres peuples ne se voient pas refuser les mêmes privilèges dans leurs patries ?

Quant aux minorités indigènes, la justice requiert qu’on leur accorde leurs propres patries ou l’autonomie maximale dans leurs affaires locales.

Mais les populations fondatrices aussi bien que les minorités indigènes devraient rejeter l’idée absurde d’accorder l’égalité civique à toute la population du globe. La seule chose que nous devons aux étrangers est le respect de leurs droits humains fondamentaux.

Le multiculturalisme signifie des identités de groupe différentes et des privilèges de groupe différents à l’intérieur de la même société. Pour que le multiculturalisme fonctionne pour la population fondatrice, celle-ci doit affirmer ses privilèges spéciaux en tant que souche fondatrice et résister à l’érosion démographique et culturelle de son statut.

En termes pratiques, qu’est-ce que cela signifierait ? Prenons les Etats-Unis pour exemple, bien que bien sûr les mêmes principes s’appliquent à tous les pays. Un mouvement identitaire américain devrait faire trois demandes fondamentales.

Premièrement, l’Etat américain doit stopper et inverser le déclin démographique des Américains en Amérique. Et par “Américains” nous comprenons tous les Américains blancs, la souche fondatrice du pays. En 1965, quand l’Amérique ouvrit ses portes à l’immigration non-blanche, elle était blanche à 90%. Aujourd’hui, la population blanche est à peine au-dessus de 60%. Du fait de l’immigration non-blanche, du faible taux de fécondité américain blanc, et du taux élevé de fécondité non-blanc, avec chaque année qui passe, ces chiffres deviennent pires pour les Américains blancs.

Les identitaires américains devraient demander que chaque année, le pourcentage américain blanc de la population américaine soit un peu plus grand que l’année précédente. Cela impliquerait des programmes sociaux et politiques conçus spécifiquement pour le bénéfice démographique des Américains blancs et pas pour les autres groupes.

Par exemple, l’Etat américain réduirait l’immigration des non-Blancs et accroîtrait leur émigration (par exemple en rapatriant les réfugiés et en réunifiant les familles immigrantes dans leurs patries). Il réduirait aussi les incitations à l’émigration pour les Américains blancs. Si le  taux de natalité américain blanc est au-dessous de celui des populations non-blanches, l’Etat devrait créer des programmes pour accroître spécifiquement le taux de natalité américain blanc.

Dès que de telles politiques seront en place, le déclin rampant de l’Amérique sera remplacé par un renouveau rampant. Il a fallu un demi-siècle pour transformer l’Amérique en une dystopie   multiculturelle. Il faudra peut-être un demi-siècle pour la réparer. Entre-temps, les Américains pourront vaquer à leurs affaires comme d’habitude, mais avec l’optimisme qui vient en sachant que leur descendance aura un brillant avenir devant elle, et non le déclin et l’extinction.

Quant à l’objection qu’il est injuste de discriminer les non-Blancs, d’abord il est absolument juste de promouvoir le bien-être d’un peuple dans sa propre patrie ; cela n’empêche pas les autres peuples de faire la même chose dans leurs patries ; ensuite, sous le présent système, le gouvernement américain traite les non-Blancs mieux que les Américains blancs. Pourquoi les premiers devraient-ils avoir des privilèges spéciaux ? Si un groupe doit avoir des privilèges spéciaux en Amérique, ne devrait-ce pas être les Américains blancs, le peuple qui a fondé le pays ? C’est cela, avoir une patrie.

Deuxièmement, l’Etat américain doit promouvoir le bien-être des Américains blancs en Amérique. L’Etat américain devrait veiller à s’assurer que chaque année, les Américains blancs jouiront d’une meilleure qualité de vie. Cela requiert des programmes sociaux et politiques taillés sur mesure pour le bien-être des Américains blancs et pas pour les autres groupes. Un pays qui prendrait soin de sa souche fondatrice ne laisserait pas, par exemple, des problèmes sociaux comme les “morts par désespoir” massives et la crise des opiacés affectant les Américains blancs passer inaperçus et sans réponse.

Troisièmement, l’Etat américain doit assurer la dominance et l’enrichissement culturels des Américains blancs en Amérique. Cela signifie que l’Etat américain doit rendre la langue, l’histoire et la culture américaines normatives en Amérique pour les Blancs aussi bien que pour les non-Blancs.

Pourquoi les Américains ne devraient-ils pas avoir une patrie nommée Amérique ? Pourquoi la langue et la culture américaines ne devraient-elles pas être normatives en Amérique ? Pourquoi l’Etat américain ne devrait-il pas donner la priorité aux intérêts génétiques et culturels des Américains ? Pourquoi l’identité et l’histoire américaines ne devraient-elles pas se refléter dans le domaine public en Amérique ? Pourquoi le fait de visiter l’Amérique ou d’y résider en tant qu’étranger ne devrait-il pas être conditionné au respect du peuple américain et de sa langue, de sa culture et de ses valeurs ? Voilà ce que signifie avoir une patrie.

Pourtant ce genre de nationalisme est rejeté par tout l’establishment culturel et politique en Amérique et dans la plupart des autres pays blancs. C’est la folie du multiculturalisme qui a hypnotisé les nations blanches et les a fait marcher, comme des lemmings, vers leur extinction biologique et culturelle.

2. Nationalisme Blanc à 90%

Si un mouvement identitaire américain devait proposer d’inverser le déclin démographique de l’Amérique blanche, il aurait besoin d’un objectif chiffré. Si le public n’est pas encore prêt pour des ethno-Etats blancs homogènes, ce chiffre à atteindre doit être quelque part au-dessous de 100%. En tant qu’Américain, je choisirais 90%. En 1965, avant que l’Amérique abandonne les politiques d’immigration qui étaient vouées à maintenir une suprématie blanche, les Etats-Unis étaient blancs à environ 90%.

Quant à la composition ethnique du pourcentage non-blanc, je laisserai cela complètement ouvert. Je dirais clairement, cependant, qu’elle pourrait contenir des représentants de tous les groupes non-blancs existant actuellement. C’est important pour réduire l’opposition.

D’abord, beaucoup de Blancs qui sont prêts à une certaine forme de politique identitaire blanche ne l’accepteront pas si vous ne laissez pas un espace pour les membres “corrects” des minorités, les épouses commandées par correspondance, les minorités indigènes, les groupes malchanceux comme les réfugiés et les descendants d’esclaves, et les fournisseurs de leurs cuisines ethniques favorites.

Ensuite, laisser un certain espace pour tous les groupes étrangers existants réduirait la résistance parmi ces populations. Beaucoup d’étrangers ne résisteront peut-être pas à la fin du multiculturalisme. Ils pourraient même lui faire bon accueil. Après tout, ils veulent vivre dans des pays blancs à cause des caractéristiques blanches de ceux-ci – un haut niveau de vie, la loi et l’ordre, etc. – et ils voient que celles-ci sont menacées par le multiculturalisme. Le multiculturalisme est seulement la manipulation de la majorité blanche pour l’orienter vers un long et interminable suicide, avec un autre trou à rats du tiers-monde à la fin de la route. Les non-Blancs qui se sont échappés de telles sociétés ne veulent pas les infliger à leur descendance. Mais ils résisteraient à une politique identitaire blanche si aucune clause n’était prévue pour leurs groupes dans le futur.

Ce genre de politique semble juste pour toutes les parties. Les majorités récupèrent leurs patries: le Danemark pour les Danois, la Hongrie pour les Hongrois, l’Amérique pour les Américains, etc. Les groupes minoritaires indigènes et historiquement établis ont une place aussi. Même les membres de populations immigrantes plus récentes peuvent envisager d’avoir une place. Et s’ils  ne veulent pas vivre comme des étrangers dans une Amérique normativement blanche, ils ont des patries vers lesquelles ils peuvent retourner, et nous devrions leur donner des incitations généreuses pour le faire. Chacun a une place, chacun a un futur, les intérêts de chacun sont pris en compte.

Le Nationalisme Blanc à 90% peut même donner un fac-similé raisonnable du Nationalisme Blanc à 100%. L’ethno-Etat est l’idée d’une patrie racialement et culturellement homogène pour un peuple particulier. Mais quel degré d’homogénéité faut-il ? Dans mon chapitre “Homogénéité” dans le Manifeste nationaliste blanc, je distingue trois sens du terme :

La plupart des sociétés blanches rejetteront l’homogénéité stricte. Les sociétés coloniales européennes ont généralement des reliquats de populations indigènes. D’autres ont des descendants d’esclaves et des serviteurs en apprentissage. D’autres encore ont des groupes minoritaires établis depuis longtemps, comme les Suédois en Finlande. L’homogénéité stricte semble simplement injuste pour ces groupes. En outre, la plupart des sociétés blanches fonctionnent très bien avec de petits nombres de résidents étrangers, d’étudiants étrangers, de touristes étrangers, et d’immigrants assimilables.

Cependant, la présence de telles gens n’est pas une menace pour une société si elle est vouée à des formes normatives et de facto d’homogénéité. Une Amérique américaine à 90% peut encore être normativement américaine à 100%. Une Amérique américaine à 90% peut aussi permettre aux Américains une complète liberté d’association et de dissociation, de sorte que personne ne soit obligé d’avoir des relations avec des étrangers s’il préfère rester séparé. Donc dans une société nationaliste blanche à 90%, les gens peuvent, s’ils choisissent de le faire, vivre comme si c’était une société nationaliste blanche à 100%, ce qui devrait satisfaire la plupart des gens.

Certains des plus bruyants adversaires du Nationalisme Blanc à 90% seront des défenseurs de la variété à 100%. La pilule empoisonnée est pour eux la question juive, car les Juifs sont des minorités établies depuis longtemps dans presque toutes les sociétés blanches. Les Juifs sont les principaux partisans du multiculturalisme et de l’immigration de remplacement racial. Si ces politiques sont rejetées, la plupart des Juifs se sentiront mal à l’aise. Beaucoup pourraient même émigrer. Mais certains pourraient rester parmi les 10%. Cette possibilité pourrait réduire l’opposition juive au Nationalisme Blanc à 90%, mais cela garantira l’opposition des antisémites les plus déterminés. Une telle opposition pourrait cependant améliorer les perspectives politiques d’ensemble du Nationalisme Blanc à 90%.

3. Sécurité sociale pour tous + des insultes

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Après avoir défini des objectifs clairs, l’étape suivante est de gagner le pouvoir nécessaire pour mettre en oeuvre vos politiques. Pour faire cela, vous devez réunir une coalition politique gagnante. Mais cela pourrait s’avérer étonnamment facile. Cela pourrait être aussi simple que de donner aux gens ce qu’ils veulent déjà.

Une très grande partie de l’électorat dans la plupart des pays blancs est “populiste”. Les populistes ont deux traits principaux. D’abord, ils sont quelque peu socialement conservateurs et patriotes. Ensuite, ils veulent un Etat interventionniste pour protéger les intérêts de la classe ouvrière et de la classe moyenne contre les élites. Ils favorisent donc les filets de sécurité sociale et les barrières contre la mondialisation économique.

Nos élites dirigeantes veulent exactement le contraire : le libéralisme social et le mondialisme, incluant la mondialisation économique, qui enrichit les élites en leur donnant accès à une main d’oeuvre bon marché par l’immigration et par les délocalisations.

Le système politique actuel est parfaitement calibré pour maintenir l’illusion de la démocratie sans jamais donner aux gens ce qu’ils veulent : le conservatisme social et l’Etat interventionniste. Au contraire, le système politique donne aux élites toujours plus ce qu’elles veulent : libéralisme social et mondialisation.

Ce consensus de l’élite est souvent appelé “néolibéralisme”. Jonathan Bowden le décrit comme une oligarchie de gauche, une forme hyper-stratifiée de capitalisme mariée à des politiques identitaires de gauche, ce qui n’a plus aucun rapport avec la promotion du socialisme pour la classe ouvrière. Au contraire, cela concerne la promotion de la mobilité ascendante à l’intérieur du capitalisme pour des groupes auparavant marginalisés.

Les gens ne reçoivent jamais le choix de voter pour une plate-forme qui leur donnera exactement ce qu’ils veulent : le conservatisme social et l’Etat interventionniste. Le centre-gauche offre au contraire un Etat interventionniste combiné à du libéralisme social. Le centre-droit offre du conservatisme combiné à des politiques pro-business.

Etant donné cette configuration, vous penseriez que puisque la gauche et la droite alternent au pouvoir, les gens obtiendront au moins la moitié de ce qu’ils veulent tout le temps. Mais d’une certaine manière, cela ne fonctionne pas de cette façon. Quand la gauche est au pouvoir, elle est plus efficace pour appliquer la moitié de sa plate-forme favorisée par les élites : le libéralisme social. Quand la droite est au pouvoir, elle est aussi plus efficace pour appliquer la moitié de sa plate-forme favorisée par les élites : des réductions d’impôts pour les riches, le libre-échange, l’ouverture des frontières, etc.

Un système dans lequel la majorité n’obtient jamais rien de ce qu’elle veut ne peut pas être sérieusement décrit comme une démocratie.

Mais tant que les gens ont le droit de vote, nous pouvons changer ce système. Regardons quelques chiffres. Le bloc votant populiste varie selon les pays. Il varie aussi selon la manière de le mesurer. Une étude de l’électorat américain en 2015 par Lee Drutman est hautement suggestive [3]. Drutman a réparti les votants sur deux axes : leur attitude envers la Sécurité Sociale (une mesure d’Etat-providence hautement populaire parmi les électeurs de la classe ouvrière et de la classe moyenne) et envers l’immigration (un trait-clé de la mondialisation).

L’électorat populiste favorisait le maintien ou l’accroissement de la Sécurité Sociale tout en maintenant ou en diminuant l’immigration. Cela s’avérait constituer 40,3% de l’électorat, le plus grand bloc. Les libéraux et la gauche, qui favorisent le maintien ou l’accroissement de la Sécurité Sociale aussi bien que de l’immigration, constituent 32,9%. Les modérés, définis comme étant ceux qui souhaitent maintenir la Sécurité Sociale et l’immigration aux niveaux actuels, sont 20,5%. Les “néolibéraux” et les conservateurs du libre-échange sont définis comme ceux qui soutiennent l’accroissement de l’immigration et la diminution de la Sécurité Sociale. Ils constituent seulement 6,2% de l’électorat. Pourtant leurs préférences ont régulièrement triomphé depuis la fin des années 80.

Les populistes identitaires ont déjà le plus grand bloc d’électeurs de leur coté : 40,3%. Tout ce que nous avons besoin est de gagner 10% de plus de l’électorat des libéraux et des modérés. Cela devrait être possible parce qu’ils veulent des choses contradictoires : l’immigration et la Sécurité Sociale, ou, plus largement : la mondialisation et l’Etat interventionniste qui promeut les intérêts des masses.

Mais vous ne pouvez pas avoir les deux. Vous ne pouvez pas avoir l’ouverture des frontières et le libre-échange en même temps que des hauts salaires et l’Etat-providence. L’ouverture des frontières fait baisser les salaires et surcharge l’Etat-providence. Le libre-échange signifie le démantèlement des barrières et leur remplacement par un prix global unique pour la main-d’oeuvre, ce qui signifie la paupérisation des travailleurs dans le Premier Monde.

Les conséquences économiques de la mondialisation sont claires pour quiconque connaît les fondamentaux de la micro-économie [4]. Il devrait être possible de convaincre les modérés et même quelques libéraux et gauchistes qu’ils veulent des choses incompatibles. Ensuite nous devons les forcer à choisir. S’ils sont forcés de choisir, la plupart choisiront la prospérité du Premier Monde et l’Etat-providence plutôt que la mondialisation. Mais nous n’avons même pas besoin de convaincre la majorité d’entre eux. En nous basant sur les chiffres de Drutman, nous avons seulement besoin de convaincre un libéral ou un modéré sur cinq pour créer une solide majorité électorale. Nous pouvons le faire.

J’ai deux objections concernant l’analyse de Drutman.

D’abord, les élections sont naturellement gagnées sur plus que deux questions seulement. Mais si vous deviez sonder l’électorat sur son attitude envers l’Etat-providence et le libre-échange, ou le système de santé et la correction politique du gouvernement, ou les réglementations environnementales et la politique étrangère interventionniste, vous trouveriez à peu près les mêmes fractures. Les populistes veulent un Etat-providence plus fort, et moins de libre-échange. Ils veulent plus de soins médicaux publics et moins de correction politique. Ils veulent un environnement plus propre et une politique étrangère de “l’Amérique d’abord”. En somme, les populistes veulent le nationalisme, le patriotisme et le conservatisme social, ainsi qu’un Etat interventionniste qui se préoccupe de la majorité.

Ensuite, les questions de Drutman – la Sécurité Sociale et l’immigration – peuvent être analysées en termes purement économiques et populistes. Mais, comme le disent Roger Eatwell et Matthew Goodwin dans National Populism, l’économie n’est pas la seule force derrière la montée du national-populisme. Les populistes d’aujourd’hui ne s’opposent pas simplement à l’immigration parce qu’elle fait baisser les salaires. Ils s’y opposent aussi pour des raisons identitaires. L’immigration change leurs patries au point qu’ils ne peuvent plus les reconnaître. Elle met en danger le futur de leurs nations. Ils veulent donc qu’elle soit stoppée. De plus, l’identité n’est pas seulement un facteur secondaire dans le populisme moderne. Pour beaucoup, c’est le facteur décisif. En fait, beaucoup de gens préféreraient préserver leur identité et leur souveraineté nationales même si cela les rendait moins prospères. En mettant l’accent sur l’identité aussi bien que sur l’économie, un mouvement populiste identitaire peut séduire plus de gens et aussi les motiver à faire des sacrifices économiques pour sa cause.

Qu’est-ce qu’un mouvement populiste identitaire américain offrirait à la droite ? Le patriotisme. Le conservatisme social. La fin du politiquement correct. Une politique étrangère de “l’Amérique d’abord”, ce qui signifie moins de guerres. Il n’offrirait pas à la droite plus d’économie libertaire (incluant l’ouverture des frontières) et d’interventionnisme mondial néoconservateur. Mais ces idées sont impopulaires, même à droite.

Qu’est-ce qu’un mouvement populiste américain offrirait au centre et à la gauche ? L’intervention de l’Etat dans l’économie, incluant un Etat-providence, pour aider la classe ouvrière et la classe moyenne. L’environnementalisme. Des dépenses massives pour l’éducation, l’infrastructure, et la recherche et le développement, incluant l’exploration spatiale. Une politique étrangère de “l’Amérique d’abord”, ce qui signifie moins de guerres. Il n’offrirait pas à la gauche l’ouverture des frontières, le politiquement correct, et la politique identitaire anti-Blancs. Mais tout cela n’est pas si populaire que cela, même à gauche.

Bref, le populisme identitaire offrirait “la sécurité sociale pour tous + des insultes”, une phrase qui fut forgée comme une parodie mais qui sonne comme une plate-forme pour moi [5].

La droite libre-échangiste a longtemps utilisé l’immigration comme une arme cynique contre l’Etat-providence. On ne peut pas avoir en même temps l’ouverture des frontières et un Etat-providence qui fonctionne. Un mouvement populiste identitaire devrait utiliser l’Etat-providence comme une arme cynique contre l’immigration et plus largement contre le néolibéralisme.

Les droitistes libre-échangistes conventionnels rejettent un Etat-providence de style scandinave en Amérique parce qu’ils craignent qu’il devienne un gouffre fiscal. D’un point de vue populiste, ce serait une bonne chose. Une nouvelle série de prestations hautement populaires pourrait être utilisée pour assécher les centres de pouvoir de l’élite : le complexe militaro-industriel, le big business, et le monde universitaire.

On pourrait financer un Etat-providence par des tarifs douaniers sur les produits manufacturés étrangers et une taxation confiscatoire des super-riches, spécialement ceux qui font leur fortune par les délocalisations et l’ouverture des frontières. Un Etat-providence insatiable pourrait être utilisé pour couper le financement de l’aide, des interventions et des guerres à l’étranger. Il pourrait aussi engloutir les subsides destinés à l’éducation supérieure. Enfin, pour qu’un tel Etat-providence reste gérable, une nation devrait fermer ses frontières et rapatrier des dizaines de millions d’immigrants illégaux. C’est un plan digne d’être envisagé.

Ceci est juste une ébauche de la manière dont un mouvement populiste identitaire pourrait mobiliser des dizaines de millions d’Américains blancs arrogants qui pensent qu’une certaine  forme de politique identitaire blanche est nécessaire et morale, même s’ils ne sont pas prêts à envisager des positions nationalistes blanches plus radicales comme l’ethno-Etat. Mais ces gens sont tout de même rejetés par l’establishment politique, qui soutient que la politique identitaire pour les Blancs – et seulement pour les Blancs – est simplement immorale.

Des dizaines de millions d’Américains blancs sont en train de comprendre qu’ils n’ont pas de representation politique. Ils comprennent de plus en plus que le système politique n’est pas seulement conçu pour les ignorer mais pour les remplacer. Ils sont en colère et cherchent des alternatives. Cela représente une énorme opportunité pour les outsiders politiques talentueux et ambitieux. Celui qui mobilisera ces millions de gens écrira le prochain chapitre de l’histoire du populisme américain.

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Notes

[1] Ashley Jardina, White Identity Politics (New York: Cambridge University Press, 2019), spécialement le chapitre 3.

[2] Greg Johnson, chapitre “Restaurer des patries blanches”, dans Le Manifeste nationaliste blanc.

[3] Lee Drutman, “What Donald Trump Gets About the Electorate,” Vox, August 18, 2015.

[4] Pour plus de détails, voir mon essai “The End of Globalization” [Cet essai existe en traduction française, NDT] dans Truth, Justice, & a Nice White Country.

[5] Pour citer un tweet de Sean P. McCarthy.